Passer le permis bateau

J’ai passé le permis bateau

Certes la saison ne se prête pas à voguer sur les flots en maillot de bain, arpentant les calanques de Cassis ou d’ailleurs. Cependant si vous êtes comme moi, et comme beaucoup de vacanciers, amoureux de sport nautiques, de balades entre amis ou en famille loin des foules, passionnés de nature et de grands espaces, je ne saurais que trop vous conseiller de m’imiter et préparer la saison estivale prochaine en passant dès à présent votre permis bateau !

J’avoue que j’étais trop souvent frustré de devoir me contenter de louer de petits navires équipés de moteur 6CV, avec lesquels le permis mer n’est certes pas nécessaire mais qui sont franchement frustrants à utiliser de par leur lenteur ! Sans compter qu’on ne peut pas s’éloigner bien loin du lieu de location.

Bref, c’est sympa pour une petite ballade mais je bavais d’envie en croisant les bateaux plus rapides qui me dépassaient à babord et tribord, embarquant une foule de personnes heureuse et souriante, tirant parfois leurs amis sur des bouées, lesquels s’amusaient visiblement bien plus que moi !

Fête sur un bateau

Les différents types de permis bateau

En France il existe 3 types de permis spécifiques qui permettent de naviguer :

  • Le permis mer côtier
  • Le permis mer hauturier
  • Le permis fluvial

Le permis mer côtier

Aussi appelé permis mer « option côtière », il permet, comme son nom l’indique fort bien, de naviguer en mer près des côtes à bord d’un bateau équipé d’un moteur de plus de 4,5 KW (6CV).

Disons le tout de suite, c’est le permis bateau le plus populaire dans l’hexagone, car moins difficile à obtenir que le hauturier et vraiment apprécié des vacanciers sur les bords de mer l’été.

Pour faire simple ce permis permet de naviguer de jour comme de nuit mais impose des limites en terme de distance en mer puisque les embarcations ne peuvent pas s’éloigner de plus de 6 milles nautique (soit un peu plus de 11 kilomètres) de la côte (ou d’un abri). Par contre peu importe la puissance du moteur du bateau ou de tout autre engin flottant motorisé (limite de distance réduite à 2 milles d’un abri pour les scooters des mers cependant). C’est vraiment le permis idéal pour une partie de pêche entre amis à bord d’un zodiac ou pour chevaucher les vagues sur un jet-ski bruyant et faire râler les plagistes ^^.

Pêche amusante sur un bateau

Le permis hauturier

C’est un peu le « grand-frère » du permis « option côtière », celui qui fera de vous un marin à part entière capable et autorisé à aller au-delà de cette limite des 6 milles, par tous les temps et de jour comme de nuit.
En résumé, vous voilà autorisé à parcourir le monde par les mers si vous le souhaitez !

Cependant je déconseillerais de s’attaquer directement à ce permis sans se faire « la main » avec un permis côtier classique, et ce pour des raisons de sécurité évidentes.

À noter que si la partie « pilotage » du bateau est grosso modo la même que pour les autres types de permis, la partie « théorique » est autrement plus complexe avec l’apprentissage des cartes (traçage de la route au compas, estimation de dérive etc), le calcul des marées, l’analyse d’une carte de météo marine et évidemment l’utilisation des instruments de bord (radio etc).
Bref il faudra bachoter longtemps avant d’enfiler la casquette de capitaine !

Le permis fluvial

Là encore, pas de mystère, tout est dans le nom !
Aussi accessible que le permis côtier (en terme de difficulté), ce permis diffère simplement sur sa partie théorique puisqu’en évoluant sur un fleuve ou une rivière, nous nous sommes pas soumis au code maritime, mais fluvial, évidemment.
Accessible dès 16 ans, ce permis impose une limitation en longueur de l’embarcation, à savoir 20 mètres maxi et est obligatoire dès qu’on passe sur une motorisation de plus de 6CV.
Ce permis peut être une option sympa pour passer quelques jours sur des cours d’eau comme le Canal du Midi, mais notez que la plupart des agences de locations de bateaux ne proposent QUE des bateaux sans permis (plus rentables pour ces dernières).

Pourquoi choisir le permis côtier

C’est le permis que j’ai choisi à titre personnel et c’est donc de lui que je vais vous parler en détails.
Tout d’abord pas de panique, c’est un permis relativement facile à obtenir et, contrairement à ce fichu permis de conduire, en un temps très bref. Certaines écoles offrent même la possibilité de faire les cours théoriques et pratiques sur l’espace…..d’un week end ! Pratique pour les retardataires qui veulent le passer quelques semaines avant de partir en bord de mer !

cheveux au vent, air coolNotez simplement :

1/ Il est accessible à partir de 16 ans

2/ Il permet de naviguer jour et nuit sans limitation de puissance du moteur

3/ Il n’est pas nécessaire si vous prévoyez de piloter un voilier en mer

4/ Avec lui vous pourrez frimer en marcel cet été sur le port de la Grande-Motte en manœuvrant votre gros engin , cheveux aux 4 vents, teint halé et glacière remplie de kro bien fraîche !

L’épreuve de pilotage

C’est la partie la plus « facile » (toutes proportions gardées) et bien sûr la plus fun.

Singe qui dirige un bateau Pour être précis, il s’agit plutôt d’un apprentissage basique du maniement d’un bateau plutôt que d’une épreuve en tant que telle. Ici pas d’examinateur , c’est le moniteur de l’école qui va vous former en quelques heures (3h30 minimum) et qui validera lui même vos acquis en tamponnant votre livret d’apprentissage.

Il s’agit de la même épreuve pour le permis mer et fluvial.

Ce qui m’a surpris lors de mon inscription c’est que cette épreuve s’est déroulée, dans mon cas, sur un plan d’eau calme que seul le cancanement de quelques canards paisibles venait perturber.
Le bateau école était classique d’après mon moniteur, soit un rigide de 6 mètres avec cabine semi-ouverte et de marque Quicksilver, modèle « Weekend 635 ». Pouvant accueillir 6 personnes, il était équipé d’un moteur « modeste » de 80 chevaux.
En résumé, cette cession pratique permet d’apprendre les bases concernant 3 items :

  1. La sécurité du bateau et celle de ses passagers
  2. La conduite du bateau
  3. Les manœuvres

Ça peut sembler long 3h30 mais croyez-moi ça passe vraiment très vite, surtout qu’en commençant par la conduite du bateau, laquelle n’a vraiment rien de sorcier (on pousse le manche pour accélérer, dans l’autre sens pour la marche arrière et on tourne la volant pour la direction) on se demande pourquoi on devrait rester 3h30 sur le bateau.
Mais les manœuvres exigent vraiment plus de pratique, c’est assez complexe et ça demande du doigté. Pour rappel nous ne sommes pas sur un support fixe comme en voiture, mais sur un élément liquide, mouvant et donc « glissant ». Il n’y a pas de freins sur un bateau et lorsqu’on s’apprête à accoster ce détail prend toute son importance ! Je dois dire que mes tentatives d’accostage étaient assez mauvaises et j’ai trouvé le temps particulièrement long à refaire encore et encore la même manœuvre.

Explication rapide : Il s’agit d’arriver sur le bord du ponton avec un angle de 45 degrés et au dernier moment faire une marche arrière en pivotant brusquement le volant pour venir plaquer l’arrière du bateau le long du quai. Bien sûr le critère de vitesse est important, il faut la maîtriser pour ne pas arriver trop vite et casser le matériel, ni trop lentement pour ne pas se retrouver à 2 mètres du bord. Tout un art !

Voici la technique en vidéo :

Autre manœuvre délicate : Récupérer un homme à la mer.

Là aussi il faut faire preuve de patience pour arriver à ses fins, et je n’ose pas imaginer me confronter à telle situation dans la vie réelle avec la pression ! Donc le moniteur balance une grosse bouée qui fait figure de personne tombée à l’eau, on s’éloigne, et on doit venir doucement s’approcher , inverser la direction de l’hélice par rapport à la bouée (risque de se faire hacher menu pour la personne à l’eau), lâcher les commandes et tendre une perche pour récupérer « l’homme à la mer ». Ça parait facile dit comme ça mais c’est ce type de manœuvre qui demande bcp de répétition pour être acquise, et c’est sans doute l’une des plus importante en matière de sécurité à bord. Imaginez qu’un ami, ou pire, un enfant, tombe à l’eau, il est indispensable de savoir s’y prendre pour le récupérer avant qu’un accident tragique ne survienne.

C’est là qu’on comprend que piloter un bateau à moteur est fun mais pas que….. c’est une sacrée responsabilité également.

Moteur de bateau casséJe vous laisserai découvrir par vous même les autres réjouissances telles que le mouillage, l’amarrage à quai à l’aide des nœuds marins et la tenue d’un cap au compas.

Une fois cette séance terminée, et si vous n’avez pas embouti et coulé le bateau école, le moniteur devrait logiquement cocher un tas de cases et parapher votre carnet d’apprentissage, validant au passage l’épreuve pratique.

Félicitations ! Vous avez fait la moitié du boulot mille millions de milles sabords ! 🙂

 

Le passage du code maritime

blog-signes-cardinaux-code-maritime
Balisage « danger » selon les 4 cardinales

C’est la partie la plus rébarbative, évidemment, mais personnellement j’ai trouvé ça intéressant et pas si difficile. Je ne vais pas vous expliquer en détails tout ce que vous allez devoir apprendre par cœur, mais pour être synthétique vous devrez connaître les bases sur le balisage en mer et dans les ports, les règles de circulation, de priorités, les signaux sonores, les règles de sécurité et déchiffrer un minimum la météo marine.




Vous recevrez bien sûr un livre papier comme pour le code de la route afin de pouvoir réviser tranquillement, mais il est fort à parier que votre école vous propose également un service (payant généralement) de tests en ligne. Pratique pour être au point le jour de l’examen mais souvent un peu cher.

Pour ma part j’ai opté pour une application sur mon smartphone, pour pouvoir réviser dès que j’avais 5 minutes où que je puisse être.

Examen permis côtier Je vous la conseille, il s’agit de l’appli « Examen Permis Bateau Côtier – Julien Bertelle » (IOS & Android)
Disponible en version gratuite, mais la version payante est peu chère (2,99€) et beaucoup plus complète.

Bref, pas de secrets, il faut préparer cette épreuve avec sérieux tout en sachant  que vous aurez oublié les 3/4 des connaissances acquises quelques semaines après l’examen. C’est idiot mais c’est comme ça pour tous les examens de ce type.

Concrètement cette épreuve se déroule généralement dans le bureau des affaires maritimes, sous la forme d’un QCM (questionnaire à choix multiples) de 30 questions. Équipés d’un boîtier électronique, les candidats ont droit à 5 erreurs au maximum pour obtenir le précieux sésame.

PS : Pour ma part j’ai passé la partie pratique avant l’épreuve théorique, mais en sens inverse l’obtention de cet examen théorique sur le code maritime est valable 18 mois pendant lesquels vous devrez passer l’épreuve pratique, faute de quoi vous devrez tout recommencer.

Combien ça coûte ?

J’ai eu l’occasion de bénéficier d’un tarif avantageux sur un célèbre site d’achats « groupés »  et je n’ai payé que 320 euros pour l’ensemble de la prestation (à savoir une matinée de cours de code, livret, épreuve pratique de 3h30 et examen théorique). Cependant le prix moyen est de 350 € à 450€ habituellement.

Je conseille l’école « City’Zen » qui m’a donné entière satisfaction et dont le personnel est très sympa au demeurant 🙂

Pièces à fournir :

  • Demande d’inscription
  • Photo d’identité
  • 2 timbres fiscaux de 38€ (droits d’inscription à l’examen) + 70€ (délivrance du permis)
  • Photocopie carte d’identité
  • Certificat médical d’aptitude physique à la navigation de moins de 6 mois

Quelle embarcation choisir pour les vacances ?

Selon l’endroit où vous passerez vos vacances, en France comme à l’étranger, il est fort à parier que vous ferez face à des variations assez importantes en terme de tarifs pour les locations de bateaux et dans le choix des modèles. Je trouve d’ailleurs que beaucoup de loueurs abusent au niveau des tarifs même si je veux bien comprendre qu’une flotte coûte cher à l’achat et à l’entretien.

Précision sur la validité du permis à l’étranger. Selon les informations que j’ai trouvées sur la question le permis mer est valable pour les pays européens frontaliers.

Le Jet Ski

jet ski Quand on parlait d’abus, en voilà un exemple concret. À savoir que dans le sud ou en Corse un Jet Ski se loue environ 150€ l’heure en moyenne. C’est un budget !

Personnellement je ne loue jamais de Jet en France, surtout en sachant qu’à l’étranger j’ai pu en pratiquer pour moins de 40€ l’heure en Tunisie ou en Thaïlande (et pas besoin de permis pour info dans ces pays un peu moins regardants sur la législation et la sécurité ^^).

Le semi-rigide

calanques zodiac semi-rigide
Pour ma part, si vous n’êtes pas trop nombreux (9 maximum), je trouve que la location d’un bateau de type zodiac semi-rigide (seule la coque est rigide) et ouvert est suffisante pour se faire plaisir, et comme c’est une embarcation relativement légère une motorisation de type 100 CV sera performante et vous procurera déjà son lot de sensations ! (idéale également pour s’échouer sur une plage déserte).
Généralement les modèles en location possèdent même une plage avant pour le bronzage et un auvent repliable si le soleil tape dur.

Tarif approximatif dans le sud de la France pour un modèle de ce type jusqu’à 9 personnes : 300 à 350€ la journée.
Si vous êtes seul ça fait mal mais en partageant avec quelques amis c’est très intéressant pour passer une journée incroyable sur l’eau loin des foules et des plages bondées !
(ps: n’oubliez pas le crème solaire car en mer et sur un bateau ouvert de ce type, et même avec auvent, ça cogne sévère, j’en ai déjà fait l’amère expérience !!!)

L’Open

bateau open De même taille ou presque que le semi-rigide, l’open est, comme son nom l’indique, ouvert lui aussi, et se différencie du semi-rigide par sa composition, 100% rigide pour sa part.

En terme de tarifs de location c’est à peu près la même chose que pour les semi-rigides. A savoir que les modèles récents proposent des glacières électriques et des auto-radio intégrés avec prise jack pour que vous puissiez gâcher les moments de silence intemporel que vous offre la mer avec du David Guetta à plein tube !

L’habitable

Ce qui est bien avec les bateaux c’est que décidément leurs noms ne font jamais mystère sur ce qu’ils sont !

bateau habitableD’une longueur commune entre 10 et 12 mètres et pouvant accueillir une dizaine de personnes, ces bateaux proposent un vrai petit chez soi avec cabine(s), cuisine (réduite), frigo et toilettes. De quoi passer plusieurs jours en mer sans revenir à quai. Génial si, par exemple, vous êtes en Corse cet été et que vous planifiez d’en faire le tour en vous arrêtant ci et là au grè de vos découvertes et de vos envies.

Attention : tarif bien plus élevé ! Comptez en moyenne 1000€ la journée avec possibles forfaits/semaine.

 

Sur ce, montez à bord, mettez les gaz et éclatez vous !

 

Ajout d’images externes (creative commons):

À propos de Romain Desailly
Toujours un appareil photo à la main, ce passionné de photographie et de vidéo aime à arpenter le monde pour chercher des réponses aux questions qu’il ne se posait pas avant de bourlinguer. Il est le co-créateur de ce guide voyage.

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