Tourisme spatial avion fusée

Le tourisme spatial, c’est pour quand ?

Si l’on observe les progrès constants de l’aérospatial, on est en droit de se demander quand le commun des mortels pourra s’arracher de l’attraction terrestre et venir côtoyer de plus près les étoiles. Car ce jour tant attendu ne fait plus vraiment de doute. Le tout est de déterminer, en s’aidant des documents facilement consultables, quand exactement.

Est-ce pour bientôt ?

sr-72-hypersonique
Projet SR-72 (évoqué plus loin dans l’article), prévu en 2030.

 

Après les voyages de l’impossible, je vous invite de nouveau à rêver, mais cette fois uniquement du côté des cieux et d’une façon bien plus envisageable dans les décennies à venir…

Le principe fondamental de Vojagado.fr est que chaque rédacteur parle de quelque chose qu’il connaît et/ou qu’il a expérimenté au moins une fois. Autant jouer cartes sur table : je ne suis jamais allé dans l’espace ^^’

Je ne suis pas non plus un spécialiste dans les domaines énoncés. C’est plus une tentative de retranscription de mes recherches.

Petit rappel sur l’atmosphère

atmosphere-terrestreIl paraît indispensable de pouvoir se faire une idée des hauteurs par rapport à la surface terrestre (point zéro) quand on parle de voyage dans l’espace.

L’atmosphère terrestre se compose donc de plusieurs couches :

  1. La Troposphère : de 0 jusqu’à 15-20 km d’altitude. Celle où nous vivons, évidemment. Elle englobe les montagnes, y compris le mont Everest (8848m), et même les nuages que nous voyons depuis le sol. C’est à la lisière (ou « Tropopause ») de cette couche et de la suivante que les avions de ligne volent (un peu en-dessous) actuellement.
  2. La Stratosphère : de 8-15 km à 50 km d’altitude (la température monte jusqu’à 0°C). C’est ici que se trouve la fameuse Couche d’ozone et les ballons météo.
  3. La Mésosphère : de 50 à 85 Km d’altitude (température décroissante avec la hauteur, jusqu’à -100°C) C’est la couche centrale (« méso » signifiant « milieu » en grec), d’où l’on peut apercevoir les étoiles filantes (c’est un peu moins poétique, du coup ^^).
  4. La Termosphère : de 85 jusqu’à 690 km (température croissante) Rien que cette couche donne une position centrale à la Mésosphère. En effet, elle est beaucoup plus grande que les autres. C’est là que les navettes spatiales « volent », en quelque sorte, ou « flottent » si vous préférez. Car, si on peut trouver une absence de pesanteur dans un avion en chute libre,  la gravité y est naturellement beaucoup moins importante. En bas de cette couche atmosphérique, on trouve les Aurores polaires (là encore, ça casse la magie !).
  5. L’exosphère : de 500-690 à 10.000 km. 10.000 km, ça paraît beaucoup, et pourtant,  la Lune est encore très loin, puisque la distance Terre-Lune est de 384.400 km !

J’ai volontairement omis la ionosphère, située « à cheval » entre les deux dernières couches, par souci de clarté.

Le futur des « avions » de ligne

Spacebus ?

  • Disons vers 2030-2040 au plus tôt

Parcourir un Paris New York en une heure fait rêver. Et pourtant, l’idée est envisagée très sérieusement. Plusieurs projets même seraient en cours.

avion-hypersonique-airbusDernièrement, j’ai lu plusieurs articles sur un avion hypersonique envisagé par Airbus. Si vous cherchez à en savoir plus, vous noterez rapidement que la forme du prototype en image de synthèse diffère totalement d’un article à l’autre. Pas étonnant car il s’agirait de plusieurs maquettes différentes, dont l’une a même été brevetée ! Certes, c’est sans doute une simple sécurité concernant la propriété intellectuelle.
Parmi les autres projets d’Airbus-EADS, on compte le Zehst (qui ressemble au concorde, en bien plus rapide et plus écologique) et l’A2 (voir la vidéo ci-dessous).

Il faut croire qu’il serait capable d’atteindre Mach 5 (1 701,45 m/s), voire Mach 8 (2 722,32 m/s). Ça reste en deçà du bien réel prototype de la NASA, le X-43 Scramjet (proche de Mach 10).

Quel rapport avec l’espace ? C’est que le principe de propulsion de ces avions les rapprocheraient plus de fusées et que la montée serait verticale (c’est en fait déjà faisable, comme l’atteste, uniquement pour la démonstration, un Boeing 787, sans bénéficier de ces « moteurs-fusées ») Ce qui en ferait un probable précurseur des voyages spatiaux de ligne.

De plus, il pourrait voler bien plus haut que les avions de ligne classiques : 30 km d’altitude, donc dans la stratosphère.

Là où ce projet me paraît plutôt sérieux, c’est que Airbus envisage ça dans une perspective de rentabilité.

Bon évidemment, entre 2030 et 2040 (mais oui, vous serez encore jeune !), la sortie d’un tel avion supposera un prix du ticket très élevé. Mais tout ça finira par se démocratiser.

Un autre projet, militaire cette fois, devrait voir le jour plus tôt  : le SR-72 (image ci-dessus dans l’introduction) de Lockheed Martin. Et comme le grand public finit toujours par récupérer la technologie militaire (qui progresse plus rapidement), ça pourrait être un signe de l’arrivée prochaine de ces « super-concordes ». À noter son fuselage, là encore triangulaire, qui rappelle vraiment les engins volants qu’on a pu voir au cinéma.

Fusées privées

virgin-spaceship-two

Concernant les autres projets, je n’évoquerai que celui du SpaceShipTwo, géré par Scaled Composites et Virgin Galactic, filiale de Virgin Group de Sir Richard Branson, qui détient entre autre la compagnie aérienne « Virgin Express ».

L’idée est de faire voler une sorte de jet privé, d’abord porter par un avion à une hauteur de 15km, équivalente à celle des avions de ligne. Puis le jet se détacherait pour atteindre cette fois une hauteur de 110km, pour une vitesse de 4000 km/h ! Le trajet pourrait durer 2 heures.

virgin-galacticComme nous l’avons vu en préambule, l’engin atteindrait la thermosphère mais serait en deçà des fusées classiques. Cela dit, ça marquerait vraiment le tourisme spatial.

Si ce projet voit finalement le jour, et que tout est parfaitement sécurisé (forcément), c’est là encore une clientèle fortunée qui en bénéficierait. Le vaisseau alpha s’appellerait alors « Virgin Space Ship Enterprise« , soit VSS Enterprise, en hommage à Star Trek.

Des essais ont déjà été menés ; mais un accident, datant du 31 octobre 2014 et tuant l’un des deux pilotes d’essai, a mis à mal l’avenir du tourisme spatial. Souhaitant malgré tout continuer les expérimentations, Branson déclara :

les plus grands progrès de l’humanité ne [se seraient] pas faits sans les plus grandes douleurs

Sauf que les personnes qui avaient pré-réservées un vol, soit quand même 200.000$ le billet, sont en droit d’être remboursées (ce que confirment les auteurs du projet). C’est un coup dur, car ces réservations étaient une source importante de financement du projet.

L’ascenseur spatial !

  • À priori aux alentours de 2050, si le projet est maintenu, aussi étonnant qu’il puisse être.

– « Vous montez à quel étage ? »
– « Le dernier. J’habite sur la Lune. »

Au-delà de la plaisanterie, ce projet fou paraît réalisable, comme le confirme l’astrophysicien Roland Lehoucq. Principe échafaudé dans les années soixante par un ingénieur russe, Yuri Artsutanov, qui a alimenté l’imaginaire d’Arthur C. Clarke à travers son roman de science-fiction « Les Fontaines du Paradis » (1979, publié chez Albin Michel).
Cependant la NASA, à travers un ingénieur Jerome Pearson, a considéré le concept comme désormais possible.

L’idée serait de construire un câble suffisamment long et solide pour qu’un ascenseur puisse y être greffé. Ce serait alors bien plus facile et économe en énergie pour envoyer des engins dans l’espace, comme un satellite.

Sa hauteur pourrait atteindre 144.000 km ! C’est considérable…

Ce serait devenu tellement plus simple de traverser les couches atmosphériques qu’on peut imaginer une utilisation commerciale pour le grand public. Bon, c’est de la pure spéculation, je vous l’accorde, mais pourquoi pas après tout.

Le matériau utilisé, qui repose sur les nanotubes, existe mais c’est encore trop complexe pour le produire en quantité suffisante. Dommage. Encore que je ne sais pas si tout le monde verra d’un très bon œil ce gigantesque mât spatial. Imaginez qu’il y en ait plusieurs ! Et je ne vous parle même pas des pannes d’ascenseur…

La colonisation spatiale

  • Sans doute dans un avenir très très lointain, encore que…

Qui dit tourisme spatial, dit lieu à visiter dans l’espace.

Que les touristes accèdent à l’espace ne paraît plus si saugrenue que cela, mais se promener, voire évoluer dans un engin spatial ou vivre sur d’autres planètes posent de grandes difficultés.




Non seulement la durée du voyage s’avèrerait très pénible, mais il faudrait composer avec le rayonnement cosmique (très dangereux pour l’Homme), et tout un tas de problèmes logistiques.

Biotope artificiel

L’autre souci serait l’arrivée elle-même. Une fois sur une autre planète sans atmosphère (disons une planète tellurique où la gravité serait supportable), que trouverait-on ?

Il faudrait implanter une « colonie » suffisamment autonome en vivre et en oxygène. L’expérience a été menée… sur Terre, en Arizona plus exactement, et ce dans les années 80 !

Une « base » hermétiquement fermée, nommé Biosphère 2, coupée de tout approvisionnement en nourriture et en eau, a été créée pour tester justement l’hypothèse d’une station sur d’autres planètes. L’essai fut un échec cuisant (plusieurs hypothèses furent émises pour l’expliquer). Biosphère 2 est devenue une université depuis.
Nos connaissances seraient aujourd’hui insuffisantes pour réussir ce type de projet. J’ai cru comprendre que pour créer une biosphère viable, il faudrait énormément de temps.

Et à supposer qu’on trouve des planètes « vivables », à l’instar de notre Terre, qui ne nécessitent donc pas de « station artificielle », il faudrait encore pouvoir s’y rendre, c’est-à-dire quitter le système solaire et voyager dans le vide sidéral !
Bref, ça semble envisageable dans un futur bien trop lointain.

Un véritable espoir, cependant…

mission-mars-hawaiiL’enjeu de la crise énergétique et des ressources terrestres semble bien plus important que la conquête spatiale. Cette dernière se contentera – et déjà, quelle avancée ! – par nos représentants robotiques, comme cela a déjà été fait.

Doit-on renoncer pour autant au tourisme spatial dans notre système solaire, disons dans les décennies à venir ? L’échec de biosphère 2 signifierait-il l’abandon de projets de stations sur d’autres planètes ?

Je ne vais pas vous apprendre qu’il y a très peu de chance que vous et moi puissions marcher sur une autre planète.
Au mieux, dans la seconde moitié du 21ème Siècle, on peut espérer quelque chose de plus ambitieux ; la Lune tout au plus, si des enjeux économiques rendent la chose intéressante. Ça semble difficilement réalisable, mais qui sait ?

Il existe tout de même des signes – contemporains – du progrès considérable dans le domaine du voyage spatial. Je ne parlerai que deux exemples :

1) Il y a actuellement une expérience menée dans le périmètre d’un volcan désertique Hawaïen, à laquelle participe un français, Cyprien Verseux. L’idée est de retenter la vie dans une station pendant un an, afin d’étudier la faisabilité d’une telle opération sur Mars. Pas moins de six scientifiques vont vivre dans la promiscuité d’un dôme de 11 mètres de diamètre ! Aucun contact direct avec l’air ou tout autre élément terrestre ne sera autorisé.

2) Si l’exemple ci-dessus suppose des ressources “stockées” pour pouvoir survivre, une autre expérience a révélé la possibilité de faire pousser des végétaux dans l’espace.

Mars, située à 225.300.000 km, est donc la planète visée dans la prochaine étape de la conquête spatiale. Progressivement, en imaginant une suite de missions couronnées de succès, la Lune pourrait “technologiquement” se rapprocher.
Nous pouvons, en ce moment même, suivre cette progression, lente mais constante, ouvrant un champs des possibles vertigineux.

Mais même en parvenant à de telles avancées techniques, il faudrait pouvoir bénéficier pour le touriste d’un très long temps de vacances, ce qui est un autre rêve 😉

 

Crédits photos :

À propos de Jérôme Bouquet
Ce développeur Web féru de littérature et de cinéma n'a de cesse de contenter son insatiable curiosité pour l’ailleurs, les civilisations hétéroclites et les splendeurs aventureuses de ce monde. Il est le co-fondateur de ce blog voyage.

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