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J’ai mangé les meilleures frites du monde !

bruxelles-enseigne-maison-antoine-miniCe n’est rien de moins qu’un critique gastronomique du « New York Times » qui affirma que les meilleures frites du monde se trouvaient dans la capitale de la Belgique, plus exactement dans un lieu nommé « La Maison Antoine ».

 

À la recherche d’une institution belge

Un jour que je me trouvais à Bruxelles, baguenaudant dans ses artères labyrinthiques au côté de ce cher Romain, voilà que celui-ci me déclara avec impétuosité : « Sais-tu que c’est à Bruxelles que l’on peut goûter aux meilleures frites au monde ? »

J’eus du mal à croire ce que je venais d’entendre. L’écho de cette phrase sentencieuse résonnait dans tout mon être. La tête me tournait. Se jouait-il de moi ? Il fallait que j’en ai le cœur net.

La réputation des frites belges, à l’instar de la bière et du chocolat notamment, n’est plus à démontrer. De fait, l’information peut sembler plausible. Ceci étant, je commençai mon travail d’enquêteur par une rapide recherche de cette adresse et de sa renommée.

Sur le site web consacré à la « La Maison Antoine », la mention du New York Times y figurait bel et bien, jusque dans son exacte citation :

Best french fries of the world

Seulement voilà, après investigation, je ne retrouvai pas l’article qui cite cette phrase. J’ai même utilisé la fonction « recherche des articles depuis 1851 »  sachant que « La Maison Antoine » a été créée en 1948.
Changement de stratégie : je saisis alors fiévreusement les mots clés « maison antoine », toujours sur le site d’information américain. Choux blanc.
De sombres nuages enveloppaient maintenant les cieux de la ville où je me trouvais. Un terrible orage éclata brutalement. Les gouttes de pluie kamikazes vinrent alors se fracasser lourdement sur les vitres de mon abri. La répétition de ce bruit d’impact ne réussit qu’à alimenter davantage mon trouble.

Y avait-il eu tromperie ? Réputation surfaite ? Que cachaient ces recherches infructueuses ? Sale affaire.

Le temps de regarder une photographie accrochée au mur, sur laquelle on pouvait admirer Hercule ayant pêché une magnifique truite, une idée me vînt. J’utilisai cette fois Google. Bingo ! Un article datant du 11 juin 2013 relatant de l’excellence du lieu en question existait, mais pas dans les termes cités.  Y avait-il plusieurs articles ?

Un doute me vînt : se pouvait-il que cette citation soit synthétique de cet article ou d’un autre ? Après tout, l’article avait pu échapper à sa numérisation…

Alors que je ne m’y attendais plus, un nouvel indice s’offrit à moi au fil de mes recherches : un « fritomètre », concours organisé en 2013, avait désigné la friterie comme étant la meilleure de Bruxelles.

Une éclaircie perça les turpitudes célestes, jusqu’à ce que les brumes orageuses disparaissent. Je devais faire appel à mon côté aventureux, celui-là même qui ne craint aucun danger. J’allais me rendre à « La Maison Antoine », coûte que coûte.

J’irai manger chez vous, Antoine

commission-europeenne-bruxellesFidèle à mon habitude de parcourir Bruxelles sans voiture, autant pour ma tranquillité d’esprit que par souci écologique, j’arrivai à la station Schuman.

Dès lors, l’imposant bâtiment de la Commission de l’Union Européenne se dressait devant moi, tandis que d’intrigantes statues m’entouraient.

bruxelles-parc-cinquantenaire-1Il fallait alors que je m’oriente en me basant sur la visibilité du Parc du Cinquantenaire, géant herbeux au milieu des bâtisses bruxelloises. Si vous ne disposez pas d’un système d’orientation électronique (de type mobile, GPS, etc.), je vous conseille de prendre un guide ou d’en imprimer un, car le lieu n’est pas évident à trouver pour un néophyte.

Après une marche de quelques minutes sous un implacable soleil, la cible était enfin visible. Comme je m’y attendais, il y avait des files d’attente, ce qui agaçait quelque peu mon impatience. Fort heureusement, par cette chaleur, ces quidams n’étaient pas venus pour le « guichet » des frites, mais plutôt pour celui des rafraîchissements.
Ainsi, c’est assez rapidement, vers seize heures, que je pus acheter un échantillon de ces fameuses pommes de terre frites, et ce, pour seulement 3€30 !

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Effectivement, je dus me rendre à l’évidence qu’elles étaient très appétissantes. Il faut savoir que les cafés situés autour du marchand acceptent sans problème la présence de cet aliment. Donc si l’envie vous prend de vous contenter d’acheter ces célèbres frites, et de profiter d’une bière (par exemple, et ce avec modération), aucun souci !

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Adresse de la friterie (fritkot) « La Maison Antoine » :

1, place Jourdan
1040 Bruxelles (Etterbeek)
Tel : + 32 2 230 54 56

Ouverte tous les jours à partir de 11h30 à 1h du matin (sauf vendredi et samedi : fermeture à 2h du matin).

Dégustation tant attendue et verdict

frites-maison-antoine-large-bruxellesJ’introduisis goulûment le bâtonnet doré dans ma bouche fébrile. Ma langue vînt caresser l’extrémité pleine de sauce. Le goût était effectivement bien différent d’une frite surgelée. Le contraire eût été étonnant.

Cette première frite estampillée « Maison Antoine » était croustillante à l’extérieur et moelleuse à l’intérieur. Un délice. Dès lors, mon insatiable curiosité n’eût de cesse de chercher comment pouvait-on parvenir à ce résultat.




Une culture qui s’effrite

La pomme de terre frite – plus connue en français sous son diminutif « frite » – a des origines troubles. Belges et français (nordistes ou franciliens) se disputent – gentiment –  sa création, il y a quelques siècles de cela. Les Américains ont « tranché » en faveur des français (« French Fries »), tandis que les anglais lui préfèrent l’appellation « Chips » (ce qui peut porter à confusion pour les français).

Ce tubercule, à l’instar de la carotte, est à la base une réserve végétale, sorte de garde-manger hivernal d’une plante, appelée Solanum Tuberosum.

Associée à la « malbouffe », la valeur nutritive de la patate est souvent minimisée, alors qu’elle est riche en fibres, en antioxydants et en vitamines (C, essentiellement). Elle protégerait même des maladies cardiovasculaires. Elle contient en outre un taux élevé d’amidon – sucre complexe présent aussi en grande quantité dans le grain de riz.
Ceci étant, la mauvaise image des frites n’est pas totalement infondée : présence de graisse, de différents sucres, voire de sel et même d’acrylamide (substance cancérigène et neurotoxique). Mais ce n’est pas une raison de s’en passer, tant qu’on en abuse pas 🙂

La fameuse recette

Pour obtenir de telles frites, ce n’est pas trop difficile, juste un peu contraignant.

Déjà, bien choisir la variété des pommes de terre. La « chair » devra être farineuse, comme le sont les variétés binje, nicola, agria ou encore manon.

Concernant la découpe, l’épaisseur de 1cm est recommandée.

Informations cruciales sur les appellations de frites selon la découpe :

  • 2cm = bûches,
  • 1cm = pont neuf ou « frites à la belge » (tiens, tiens ^^’),
  • 0,5cm = pommes allumettes,
  • 0,25cm = pailles,
  • En dessous de 0,25cm = cheveux d’or

Ensuite, le choix de la matière grasse a son importance. En effet, les experts préfèrent utiliser de la graisse animale, de bœuf de préférence (au passage, moins bonne pour la santé que la graisse végétale).

Enfin, deux « bains d’huile » à des températures différentes sont nécessaires pour obtenir un résultat similaire aux frites produites par la « Maison Antoine » . En effet, la frite a besoin de deux cuissons : une pour « la chair », l’autre pour son enveloppe dorée et croustillante.
La première cuisson, à 160°C entre cinq et huit minutes, doit donner des bâtonnets qui s’écrasent sous le doigt. Après les avoir sorties, les laisser refroidir quelques minutes.
La seconde cuisson, très rapide (quelques minutes selon le résultat voulu), s’obtient à 180°C.  L’aspect doré des frites annonce un franc succès, qui épatera tous vos amis (si vous en avez ^^) !

Affaire résolue, mon cher Romain 😉

 

À propos de Jérôme Bouquet
Ce développeur Web féru de littérature et de cinéma n'a de cesse de contenter son insatiable curiosité pour l’ailleurs, les civilisations hétéroclites et les splendeurs aventureuses de ce monde. Il est le co-fondateur de ce blog voyage.
2 commentaires
  1. Article intéressant .. Ça donne faim et envie d’aller goûter ces fameuses frites.

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