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Les plats les plus dangereux au monde

Voici un rapide tour du monde de la gastronomie, en nous intéressant uniquement aux spécialités culinaires locales qui présentent la particularité d’être directement dangereuses pour la santé, au point même d’y perdre la vie.

Et vous allez voir qu’il n’est pas nécessaire de voyager très loin…

Un plat vivant qui vous étouffe (1)

Poulpe mangé vivant (Sannakji, Corée)Commençons dans le “vif” du sujet, avec ce plat particulièrement étonnant : le sannakji.

Nakji – 낙지 – signifiant pieuvre en coréen, le plat se compose donc d’un petit poulpe accompagné généralement de graines de sésame. Pour le reste de la recette, il n’y a pas grand chose à ajouter, si ce n’est que l’animal est découpé encore vivant et qu’il est avalé aussitôt.

Mais il arrive parfois que, faute de mastication suffisante, des personnes s’étouffent (au moins 5 morts par an). En effet, des tentacules qui continuent à bouger peuvent s’accrocher dans la gorge et ainsi obstruer la trachée !

Le champignon ivre mort (2)

Champignon coprin encre noireC’est un champignon que les amateurs devraient connaître comme étant comestible : le coprin atramentaire (coprinus atramentarius), plus connu sous le nom de coprin noir d’encre.

Sauf que, consommé avec de l’alcool, même avec 72 heures de décalage, le champignon peut devenir dangereux.

La « coprine » contenue dans le champignon peut provoquer en présence d’alcool dans l’organisme des céphalées, vertiges, rougeurs, nausées, vomissements et, plus inquiétant, une tachycardie (palpitations cardiaques rapides). Les risques de complications et de décès sont donc bien réels.

Boire ou cueillir, il faut choisir.

Le coquillage contagieux (3)

palourde de sangS’il vous venait à l’idée de ramasser sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés, soyez tout de même vigilant car certains sont à préparer et à consommer en connaissance de cause.

C’est le cas de la palourde de sang, un nom qui met en appétit ! Sachez qu’un ingurgitant ce mollusque, vous pourriez attraper la dysenterie, la fièvre typhoïde et même une hépatite de type A et E !

Le champignon qui n’aimait pas les gourmands (4)

Champignon tricholome équestre (ou chevalier)Voici un autre champignon, appelé Tricholome Équestre (ou Chevalier), qui n’est pas difficile à trouver sous nos contrées. Il est d’ailleurs apprécié dans le Sud-Ouest de la France et plus particulièrement dans les Landes de Gascogne.

En fait, il était connu pour être comestible, mais il est aujourd’hui officiellement interdit dans le commerce. En effet, si l’organisme humain le tolère en faible quantité, une consommation excessive – supérieure à 150g – peut entraîner une très grave intoxication, qui nécessite une urgence médicale.

En outre, sa ressemblance avec l’amanite phalloïde, classé parmi les champignons les plus vénéneux,  a déjà provoqué des décès.

L’urine de requin (5)

requin taureau

Trainant une image largement surestimée de tueur d’Hommes, le requin est en revanche allégrement décimé par l’espèce humaine. Et si la consommation vous tente, il faut savoir que les requins évacuent leur urine directement par la peau.

Vous l’aurez compris, la chair du requin est imprégnée de son « liquide excrémentiel ». Et si malgré tout, cela ne vous dégoûte pas, sachez que le taux élevé d’acide urique est toxique.

Le manioc : qui l’eût cru ? (6)

Racines de maniocOriginaire du centre et du sud du continent américain, le manioc ne peut se consommer cru. En effet, sans cuisson ou même en cas de mauvaise cuisson, c’est véritablement la vie du consommateur qui est mise en danger.

Le responsable n’est autre que le glucoside cyanogénique, qui une fois avalé, se transforme sous l’action des enzymes en cyanure d’hydrogène (acide cyanhydrique ou prussique).

La grenouille hamburger (7)

grenouille taureauEn Namibie, il est possible de trouver au menu un volumineux batracien appelé « grenouille-taureau ». À la manière d’un hamburger, l’animal est entièrement avalé.  Rien ne doit être gâché. Sauf que ce n’est pas sans danger : une intoxication alimentaire peut survenir, jusqu’à provoquer une insuffisance rénale. Enfin, je crôa…




 

La rhubarbe (8)

Rhubarbe sur un marchéAmateurs de confiture de rhubarbe (dont je suis), si l’envie vous venait d’en produire, je vous conseille de ne pas improviser dans la recette 😉

En effet, la rhubarbe, du pétiole jusqu’à la nervure principale, contient un nutriment répondant au doux nom d’acide oxalique. Ce dernier est également présent dans le chou, les épinards et le carambole notamment.

En grande quantité ou en cas d’insuffisance rénale, la toxine n’est pas éliminée et peut entraîner de gros soucis de santé, jusqu’à tomber dans un état comateux.

C’est ce qui a pu être constaté durant la première guerre mondiale, lorsque des personnes affamées se nourrissaient de rhubarbes crues (pied et feuille) qu’elles pensaient inoffensives.

Ce n’est pas ça qui fera me passer de ma confiture préférée ^^’

L’akée des îles (9)

akee - ou aki - fruit de jamaiqueFruit connu sous plusieurs appellations (aki, ris de veau, kaha, daki, etc.), il est lui aussi détenteur de toxines. On le trouve aux Antilles, en Jamaïque, et il est également cultivé en Afrique centrale et occidentale.

La coupable s’appelle l’hypoglycine, exposant son consommateur à la mort. Une fois dans le corps, le taux de glucose chute dangereusement (le sucre étant nécessaire au fonctionnement de l’organisme). Le foie peut lui aussi être endommagé. Les symptômes apparaissent par des vomissements.

Heureusement, une fois parfaitement mûr (quand il s’ouvre), une partie du fruit est comestible. Ne le consommez pas sans l’avis d’un connaisseur !

Le fugu, mortellement bon (10)

fugu poisson globe

Si je devais être condamné à mort, mon dernier plat serait sans aucune hésitation des sashimis de fugu. Encore que je ne tienne pas à vous le prouver dans ce contexte 😉

Le goût de ce poisson-globe est, paraît-il, si savoureux que de fins connaisseurs y ont laissé la vie ! Et ne croyez que filer aux urgences puisse vous sauver, car il n’existe pas d’antidote à ce jour contre le poison présent dans cet animal ! Quelques minutes suffiront pour passer dans l’autre monde.

Mais, bien préparé par des spécialistes, il est alors possible d’en consommer avec un risque minimisé. Ça vous tente ?

 

Crédit photo :

  1. Sannakji, de LWYang
  2. Coprinopsis atramentaria, de James Lindsey
  3. Palourde de sang, par ontherealny.com
  4. Tricholome chevalier, de Aorg1961
  5. Requin-taureau, Romain Desailly
  6. Manioc, de David Monniaux
  7. Grenouille-taureau, via bpface.com
  8. Rhubarbe, par Foodista
  9. Akee, par DocTaxon
  10. Fugu sashimi, de lilyu et Chris 73
À propos de Jérôme Bouquet
Ce développeur Web féru de littérature et de cinéma n'a de cesse de contenter son insatiable curiosité pour l’ailleurs, les civilisations hétéroclites et les splendeurs aventureuses de ce monde. Il est le co-fondateur de ce blog voyage.
3 commentaires
  1. Super marrant à lire cet article ! 😀 Pour le fugu, c’est en fait le foie et les viscères qui contiennent du poison et s’il est mal découpé, la chaire peut alors être contaminée. Le foie est aussi parfois dégusté en très petite quantité car pour les initiés, il a un goût hors du commun; d’ailleurs, certains en sont morts d’arrêt cardiaque pour en avoir abusé… Glurp.

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