The beautyis in the walking

Interview d’un couple de voyageurs-blogueurs

1/ Bonjour Véronique et Erik, pouvez-vous vous présenter ?

Erik : Bonjour ! Nous sommes un couple franco-néerlandais (oui, je revendique mes origines à demi-hollandaises !), le milieu de trentaine, originaire de Grenoble. L’an dernier, nous avons quitté nos boulots respectifs dans l’informatique pour moi et la communication pour Véro, rendu les clés de notre appart, vendu nos voitures et la plupart de nos affaires pour partir voyager en Asie, Océanie et Europe. On dit souvent qu’on est passé de 50 m2 à 50 L ! Pas besoin de grand chose si ce n’est quelques affaires dans le sac à dos et un budget pour vivre pendant le voyage. Et on espère continuer encore quelques mois !

Un long voyage en couple

2 / D’où vous vient votre goût du voyage ?

Véronique : Ça remonte à longtemps car j’ai eu la chance de voyager régulièrement étant enfant, plus ou moins loin d’ailleurs. Plus tard, chacune de mes vacances était prétexte à découvrir un nouvel endroit.
Erik : Je dirai que ça s’est développé avec le temps, les opportunités, les rencontres. J’ai une famille éparpillée un peu partout en Europe et dès mon plus jeune âge, j’ai baigné dans une atmosphère multiculturelle. J’imagine que ça a laissé des séquelles…

Erik devant une cascade
L’une des nombreuses cascades sur la boucle du plateau des Bolovens (Paksé, Laos).

3/ Comment vous est venu l’idée de partir pour un long voyage ?

Véronique : Ça faisait longtemps que j’en avais envie sans jamais avoir trop pensé à la forme qu’il prendrait. Il y a mille manières de voyager. Mais après mes études, j’ai cherché un boulot un peu sous la pression de l’état du marché de l’emploi… Ce n’était pas non plus un choix complètement contraint, j’avais aussi envie d’entrer dans le vif du sujet. Ensuite, les choses de la vie m’ont faite rester à Grenoble. Aujourd’hui, je suis très heureuse de faire ce voyage avec Erik. C’est notre projet à tous les deux et il est extrêmement enrichissant. Deux, trois semaines de congés ne suffisaient plus de toute façon ! Enfin, ce n’est pas le même voyage…

Erik : J’avais eu l’idée il y longtemps aussi sans jamais avoir l’occasion de la mettre en œuvre. Quand on s’est rencontré, on s’est rendu compte qu’on avait cette envie commune et que ce serait chouette de la réaliser à un moment ou à un autre. Puis un soir ça nous a pris, on s’est dit « chiche ! ». Et voilà. Enfin presque… Il restait à trouver le bon timing par rapport à nos projets personnels respectifs. Et le bon moment s’est finalement présenté.

Erik et Véronique de The Beauty is in the Walking (Phong Nha)
Balade en vélo dans la campagne du park national de Phong Nha (Vietnam) .

4/ Quelle est votre philosophie de voyageurs ?

Erik : Voyager lentement, voyager curieux, voyager responsable. Lentement, car on voulait se donner le temps de s’arrêter sur la route quelques jours, voir quelques semaines. On voulait aussi voyager au maximum par les terres pour garder une cohérence. C’est aussi pour cela qu’on ne fait pas un « tour du monde » mais qu’on se concentre sur l’Asie et l’Océanie, puis l’Europe sur le retour pourquoi pas. Curieux, dans le sens faire et voir moins mais mieux, prendre le temps de rencontrer des gens et d’approfondir les relations, de s’intéresser davantage aux différentes cultures. On est restés deux mois au Yunnan, par exemple, et on rêve d’y retourner ! Et enfin, responsable, c’est-à-dire essayer d’apporter plus de bon que de mauvais, en aidant par le biais du volontariat par exemple, en évitant certaines activités nuisibles à court ou long terme aux gens, aux pays, aux animaux, etc. À notre mesure…

Origami dans un train
Oiseau en origami pour occuper les longues heures de bus… (Japon).

5/ Et voyager en couple, ça se passe comment ?

Véronique : Tu veux dire avant ou après qu’on se soit jeté les backpacks à la figure ? C’est marrant car on nous a dit plusieurs fois avant de partir « vous verrez, votre voyage c’est une épreuve décisive pour votre couple ! ». La pression, quoi. Je me voyais déjà rentrer en larmes chez ma mère au milieu du périple ou plutôt continuer seule en pleine cambrousse, le cœur fendu. Mais, parlons franchement. Oui, le ton monte un peu de temps à autres, surtout dans des moments de stress où il faut prendre des décisions rapides. On voit comme on peut facilement se laisser emporter, mais je dois dire cependant qu’on s’améliore avec le temps. Sinon, c’est du bonheur le plus clair du temps… sans vouloir être pénible ! C’est passionnant de voyager ensemble, tout peut mener à des discussions super intéressantes, on essaie de se faire rire l’un l’autre en toute autonomie, on rit des autres un peu aussi mais ça faut pas trop le dire, et on évolue ensemble côte à côte, on apprend, on grandit, quoi.

Erik : Ça se passe très bien ! On avait déjà fait quelques voyages ensemble et on avait constaté qu’on était sur la même longueur d’onde sur notre manière de voyager. Après on a des personnalités différentes et il faut apprendre à s’accepter, mais c’est partout pareil. Et ça se passe plutôt bien !

Véronique et Erik sur la plage Otaki
Nuances de bleu-gris sur la plage d’Otaki (Nouvelle Zélande).

À propos du blog voyage The Beauty is in the Walking

6/ Qu’est-ce qui vous a donné envie de créer un blog voyage ?

Véronique : L’envie de partager nos aventures et notre expérience certainement, et ne pas vivre cela que pour nous. Peut-être aussi pour emmener un peu les gens avec nous… Sans doute pour garder également une trace de ce que l’on vit car on vit beaucoup de choses en peu de temps. Et en même temps c’est très difficile d’écrire sur tout car on a parfois besoin d’un temps pour les digérer ou pas envie d’écrire du tout. Et enfin simplement parce qu’on aime écrire, enfin surtout moi, et prendre des photos.

7/ Qu’est-ce qu’il y a derrière le nom de votre blog, The Beauty is in the Walking ?

Véronique : On cherchait un nom qui puisse retranscrire un peu l’état d’esprit dans lequel on partait pour ce voyage et on est tombés sur une citation d’un poète gallois nommé Gwyn Thomas qui nous a parlée :

But the beauty is in the walking — we are betrayed by destinations.

Finalement, peu importe la destination, ce qui est important c’est tout ce que le voyage nous apporte en chemin. C’est une vraie philosophie qu’on peut appliquer à notre vie.

8/ Que trouve-t-on sur The Beauty is in the Walking ?

Beignet de haricot rouge japonais
Beignet au haricot rouge au marché de Kuromon à Osaka (Japon).

Véronique : The Beauty is in the Walking est un blog voyage qui vise à raconter à la fois notre voyage mais aussi à partager nos découvertes dans divers domaines (cuisine, musique, lecture… et plein d’autres à venir), toujours en lien avec des influences culturelles d’un peu partout. On essaie donc de partager à la fois nos ressentis, nos émerveillements, nos aventures en donnant aussi quelques infos pratiques pour ceux qui souhaitent vivre l’expérience. Et on partage nos coups de cœur liés à nos intérêts et notre style de vie. On aimerait à l’avenir partager davantage nos réflexions autour du voyage mais ça doit mûrir…

Ce que voyager nous a apporté

9/ Du coup, sauriez-vous nous dire ce que le voyage vous a déjà apporté ?

Erik : Tout d’abord, je dirais que le voyage nous a permis de « dézoomer », de prendre de la hauteur par rapport à nos vies d’occidentaux, et nos vies en France aussi. Tout au long de la route, on a été confrontés à des modes de vie et des manières de penser très différents de chez nous, surtout en Asie, et cela nous a mis face à nos propres façons de vivre et de penser. Je dirais donc qu’on a pris du recul par rapport aux préoccupations qu’on avait avant, à l’importance que l’on donnait à certaines choses. Ensuite, ça nous a permis de mieux savoir comment on veut vivre notre vie dans l’absolu et au quotidien. Ça apporte une ouverture d’esprit incontestable et aujourd’hui clairement, on a évolué sur beaucoup de points. Au-delà de ça, ça nous a vraiment redonné un élan de curiosité que l’on espère ne pas perdre le jour où l’on se posera.

10/ Concrètement maintenant, quels sont vos plus beaux souvenirs ?

Véronique : Il y en a beaucoup, et ils sont beaux chacun à leur manière car on a fait des choses très différentes jusque-là. Notre virée dans les montagnes du Jing Mai au sud du Yunnan (région de Pu’er) pour aller voir les théiers millénaires était inoubliable, le Japon est l’une de nos destination favorite pour sa richesse culturelle, son art de vivre et sa beauté, nos cinq jours en voilier dans les Whitsunday Islands en Australie étaient magiques, et la Nouvelle-Zélande pour sa nature puissante et sauvage.

Destinations recommandées

11/ Quels destinations recommanderiez-vous plus particulièrement dans les régions que vous avez visitées jusqu’à présent – l’Asie et l’Océanie ?

Erik : pas évident comme exercice mais allons-y !

En Asie

Le Cambodge : c’est notre coup de cœur en Asie du sud-est. C’est un pays beau et touchant de par son histoire tragique avec les khmères rouges mais qui a fait table rase du passé pour se reconstruire. Ce qu’on a préféré : les temples d’Angkor bien sûr, mais aussi les bords du lac Tonlé Sap et la région côtière de Kep et son crabe au poivre vert ;

Enfants à Kep au Cambodge
Petite bande de rigolos rencontrée en allant visiter les salins près de Kep (Cambodge) .

Le Vietnam : le pays est immense et assez touristique. Ce qu’on a préféré : la cuisine, et définitivement, le nord ! Le tourisme est parfois pesant, les commerçants sollicitent beaucoup les étrangers. On a donc préféré le nord, plus authentique, et plus particulièrement notre virée dans l’extrême nord où les paysages sont somptueux et peuplés d’ethnies Hmongs.
Le sud de la Chine : nous sommes allés au Yunnan et de là, à Hong Kong par les terres. Ce qu’on a préféré : les rizières en terrasse de Yuanyang, les théiers de Jing Mai Shan et Sahngri-La sur le plateau tibétain et sa sublime lamaserie.

Rizières Yuanyang Yunnan
Les immenses rizières en terrasse de Yuanyang, Yunnan (Chine).

Le Japon : un pays complètement fascinant. Ce qu’on a préféré : Tokyo pour sa frénésie, la cuisine, les tournois de sumo, les plages à deux heures de la ville en transport en commun ; Kyoto pour ses temples, ses jardins et son côté paisible ; Hiroshima pour son mémorial et son musée de la paix, l’île de Miyajima et son temple les pieds dans l’eau ; Nagasaki, très plaisante à visiter et fascinante de par son histoire au fil des décennies.

Temple d'or à Kyoto au Japon
Le fabuleux Kinkaku-ji ou Temple d’Or, à Kyoto (Japon)

Océanie

L’Australie (enfin la côte est et sud-est). Ce qu’on a préféré : les Whitsunday Islands ; Syndey évidemment, ville magnifique avec sa baie majestueuse, son opéra, ses jolis quartiers, ses galeries d’art ; Melbourne pour sa douceur de vivre et son côté alternatif, la Great Ocean Road et les incontournables Twelve Apostles, puis les différentes régions viticoles autour d’Adelaïde (Barossa Valley, McLaren Vale, Coonawarra…)

Luna Parl à Melbourne
Comment ne pas redevenir des enfants devant le Luna Park de Melbourne (Australie)…

La Nouvelle-Zélande, et sa nature puissante et somptueuse. Ce qu’on a préféré : la parcourir en van, se réveiller face à la mer ou au bord d’un lac, les fish n’ chips, l’inoubliable Tongariro Crossing (traversée d’un groupe de volcans), les sources d’eau chaudes dans les villages maoris près de Rotorua, Franz Josef Glacier, la petite ville de Dunedin, les côtes, les prairie de vaches et de moutons…

Fish and Chips (Nouvelle Zélande)
C’est drôlement risqué de manger un « fush n’ chups » devant le lac de Wanaka, (Nouvelle Zélande)

 

12/ Pour finir, quelle est votre citation préférée concernant le voyage ?

Erik :

Un chemin de dix mille Li, commence par un Li.

Lao Tseu, sage chinois.

Merci, Véronique et Erik, pour cet entretien 🙂

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À propos de Jérôme Bouquet
Ce développeur Web féru de littérature et de cinéma n'a de cesse de contenter son insatiable curiosité pour l’ailleurs, les civilisations hétéroclites et les splendeurs aventureuses de ce monde. Il est le co-fondateur de ce blog voyage.

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