Guide pratique pour réussir votre Time-Lapse

Vous êtes-vous peut-être déjà demandé ce qui pouvait se cacher derrière ce terme anglophone qu’on pourrait traduire littéralement par « laps de temps » ?

Vous êtes au bon endroit pour en trouver la réponse et surtout acquérir les techniques simples pour réaliser vous aussi de magnifiques « Time Lapse » !

Définition

Ne cherchons pas très loin pour comprendre le sens de cette technique ; il s’agit bien de capturer et surtout d’accélérer un intervalle de temps plus ou moins long pour le retranscrire à l’écran sous forme de vidéo.

En clair, c’est le trait d’union parfait entre la photo et la vidéo étant donné qu’on utilise généralement un appareil photo, fixé sur un pied pour être parfaitement immobile, prenant des clichés d’une même scène à intervalles réguliers, lesquels seront ensuite assemblés sur ordinateur à la bonne vitesse pour créer une vidéo.

Simple mais très efficace pour composer des séquences vidéos impressionnantes, dynamiques ou poétiques, saisissant des changements que l’œil ne peut pas voir (un chantier en accéléré, le mouvements des marées, la nature qui s’éveille etc).

On a tous déjà été bluffés par ce type de vidéos qu’on trouve à foison sur le net ou même à la télévision.

En voilà un superbe exemple:

Comment ça marche ?

poule-oeuf-interrogationAprès avoir vu l’une de mes séquences en Time-Lapse particulièrement longue, un ami me fit la réflexion suivante :

“Dis donc, il faut avoir une batterie super costaud pour filmer tout ce temps là !”

En effet la vidéo en question résumait en moins d’une minute l’intégralité d’une journée de l’aurore jusqu’au coucher du soleil.

Sa réflexion prouve bien que cette technique est aussi simple que méconnue puisque n’importe qui peut s’y mettre à condition d’avoir 4 éléments indispensables :

Un appareil photo de type reflex

Hé oui, aussi étonnant que ça puisse être, un Time-Lapse est réalisé avec un appareil photo.

Alors pourquoi un reflex ? Pourquoi pas un compact ou même un téléphone portable ?

Outre la qualité de l’appareil dont va en grande partie dépendre la qualité des images et donc de la vidéo, il est indispensable que votre appareil puisse être équipé ou raccordé à un outil sans lequel rien n’est possible : l’intervallomètre.

L’intervallomètre

 

intervallometre-time-lapseSur certains appareils comme ceux de chez Nikon, l’intervallomètre est installé d’office dans le boîtier et accessible simplement via le menu de votre appareil. Très pratique !

Pour les autres qui n’ont pas cette chance, il existe des intervallomètres à télécommande qu’on vient raccorder au boîtier et qui remplissent exactement les mêmes fonctions.

Pour la modique somme de 15 à 30 euros vous en trouverez facilement dans les magasins spécialisés ou sur internet.

 

Tous les intervallomètres ne sont pas compatibles ! Vérifiez bien le descriptif avant achat afin de vous assurer que votre appareil est bien adapté au modèle d’intervallomètre retenu, faute de quoi il sera inutilisable (la plupart du temps c’est une histoire d’embout, propre à chaque marque – comme pour les chargeurs de téléphones portables – il serait temps que tout le monde se mette d’accord une bonne fois pour toutes).
Voici l'intervallomètre installé sur mon Nikon 300DS. On peut y sélectionner l'intervalle entre 2 clichés, le nombres d'images au total, la durée et même l'heure de démarrage.
Voici l’intervallomètre installé sur mon Nikon 300DS. On peut y sélectionner l’intervalle entre 2 clichés, le nombres d’images au total, la durée et même l’heure de démarrage.

 

Intégré ou externe, cet appareil fonctionne de manière extrêmement simple et, outre les réglages de l’appareil en lui-même, ne demande pas de compétences particulières en photo.

À savoir qu’on trouve depuis peu de petits boitiers que l’on raccorde entre le reflex et le smartphone, lequel fera office d’intervallomètre et bien plus d’après certains tests que j’ai pu lire ici et là (comme la possibilité d’enregistrer le son environnant). Je ne peux pas néanmoins pas vous le conseiller pour le moment étant donné que je n’ai pas encore testé ce nouveau procédé qui répond au nom de « triggertrap ». Attendez vous à une mise à jour de cet article dès que j’aurai eu le joujou entre les mains ^^

Mais revenons à notre intervallomètre que vous devrez paramétrer selon deux critères :

La durée totale de la prise de vue

Pas de méprise, je ne vous parle pas ici de la durée de la vidéo finale, n’allons pas trop vite, il s’agit bien de la durée totale de cette période que vous voulez saisir et accélérer.

Imaginez que vous vouliez “filmer” et accélérer un coucher de soleil en été par exemple, vous devriez alors commencer la prise de vue vers 19H et la terminer vers 23H, quand la nuit sera complètement tombée. Vous devrez donc entrer dans l’appareil une durée de prise de vue de 4 heures.

L’intervalle entre deux images

Selon l’effet désiré, vous aurez à régler l’intervallomètre sur un écart entre deux clichés allant d’une seconde à plusieurs minutes. C’est bien ce paramètre qui peut tout changer sur le rendu final de la vidéo et il est bon de se poser les bonnes questions.

Si vous souhaitez enregistrer les mouvements d’une foule lors d’un concert par exemple, vous devrez choisir un intervalle assez court entre chaque photo, de l’ordre de 2 à 5 secondes pour conserver cet effet de masse en mouvement.

Mais si vous décidez de capturer la marée qui descend il vaut mieux s’armer de patience et régler l’intervalle sur une durée de 30 secondes à 1 minute entre deux déclenchements, le phénomène étant par nature beaucoup plus lent.

Alors comment savoir si mon réglage est bon me direz-vous ?

Je reconnais que ce n’est pas évident, il faut avoir quelques Time-Lapse à son actif pour bien “sentir” la chose et savoir grosso-modo quels réglages appliquer à l’intervallomètre.

Voici quelques exemples de temps pour vous faire une idée :

– 1 seconde d’intervalle = Foule en mouvement, la circulation ou la course des nuages

– 3 secondes d’intervalle = Mouvements du soleil

– 30 secondes d’intervalle et plus = Mouvements des étoiles, marée etc

– 1 heure d’intervalle = chantier en construction

 

Cependant, vous trouverez sur internet des calculateurs gratuits très pratiques pour vous aider à vous y retrouver. J’aime assez le “Go Pro Time-Lapse calculator” (hé oui, vous pouvez tout à fait utiliser la Go-Pro pour réaliser vos séquences, elle est nativement équipée d’un intervallomètre en mode photo).

illustration-application-portable-time-lapseMais personnellement, pour des raisons pratiques surtout, je préfère utiliser une application sur mon portable, puisque mon iphone me suit où que je sois avec mon équipement photo.

Il en existe plusieurs, que ce soit sur IOS comme sur Android mais, dans mon cas, j’utilise le bien nommé « Time-Lapse Helper« , simple et pratique à l’utilisation.

Vous pouvez voir dans cette saisie d’écran qu’il suffit de régler l’intervalle entre deux clichés( ici 5 secondes), puis le nombre total de clichés (ici 2000 au total), et enfin le nombre d’images par seconde lorsqu’on va assembler ces images pour en faire une vidéo (ici 25 images par seconde).

L’application calcule donc que selon ces paramètres, la prise de vue prendra 2 heures, 46 minutes et 40 secondes, et que, la vidéo finale assemblée à 25 images par secondes durerait …1 minute et 20 secondes.

Beaucoup de travail pour une si petite séquence non ? ^^’

Un pied photo

Mon reflex sur son pied lors de la prise de vue du Time-Lapse que vous pouvez voir en haut de page
Mon reflex sur son pied lors de la prise de vue du Time-Lapse que vous pouvez voir en haut de page

Ce n’est pas évident pour tout le monde, donc j’insiste bien sur ce point : sans trépied stable et parfaitement immobile vous n’obtiendrez rien de bon.

Vérifiez donc que l’appareil est solidement arrimé sur le pied en question et surtout que rien ni personne ne viendra s’aventurer dans le périmètre immédiat de celui-ci, un coup de coude involontaire est toujours possible, tout comme un passant distrait qui se prendrait les pieds dans …le pied !

Cette situation m’étant déjà arrivée sur un trottoir de Cuzco au Pérou, après plus de deux heures de prise de vue à attendre bêtement près de mon appareil et une séquence à mettre à la poubelle (j’ai dû recommencer le lendemain), je vous assure que c’est très rageant (doublé d’une envie de meurtre soudaine pour l’idiot qui est venu bousculer par mégarde mon appareil).

Sécurisez donc parfaitement les lieux et, si possible, en extérieur, face au vent qui peut se lever ou tout autre courant d’air, lestez le trépied avec un poids, votre sac photo par exemple ou tout autre chose assez lourde et qui peut se fixer au crochet prévu à cet effet sous le pied photo.

Plusieurs mesures de prudence de ce type valent mieux qu’une, croyez-moi !

Un ordinateur

Dernière étape, la plus rapide aussi : l’assemblage des images !

Pour cela que vous ayez un Mac (c’est mon cas) ou un PC, il vous faudra un petit logiciel, gratuit pour la plupart, qui va se charger en quelques secondes de transformer vos photos en séquence vidéo, exploitable ensuite à votre guise.

Il suffira de grouper l’ensemble de vos clichés réalisés pendant la prise de vue dans un seul et même dossier et de demander d’un simple clic au logiciel choisi d’en faire une séquence vidéo, selon un seul critère à prendre en compte : le nombre d’images par secondes. Généralement entre 25 et 30 images par seconde vous serez dans le bon timing.

Pour ma part et je ne conseillerais que celui-ci car je n’ai jamais expérimenté de logiciel de ce type sur PC, je recommande le logiciel gratuit et peu gourmand en espace « Time Lapse Assembler« , enfantin dans son maniement et qui fait exactement ce qu’on lui demande.

 

Pour finir, et pour  vous démontrer par l’image que cette technique est exceptionnelle pour  sublimer vos voyages à venir, j’ai découvert cette vidéo entièrement réalisée en Time-Lapse par des voyageurs qui ont réalisé un condensé de leur voyage, soit 343 jours autour du monde, de quoi en faire rêver plus d’un et qui prouve bien que si la photo ouvre une fenêtre sur le monde, la vidéo, elle, emporte !

Derniers conseils

Maintenant que vous avez intégré les grandes étapes du Time-Lapse, il reste encore quelques points de détail à prendre en considération pour ne pas faire d’impair lors de la réalisation et mettre à mal plusieurs heures de travail.

– Ne JAMAIS se lancer dans la prise de vue sans désenclencher le mode de mise au point automatique (simple réglage au niveau de l’objectif).

– Choisissez des valeurs d’expositions correctes en faisant quelques tests avant le début de la prise de vue et basculez en mode manuel; vous devrez alors reporter les mesures de vitesse et d’ouverture pour être certain que votre série de photos et donc votre film à venir sera correctement exposé.

– En cas de prise de vue dans l’obscurité, la vitesse nécessaire au déclenchement sera évidemment plus longue, cela peut prendre de quelques secondes à plusieurs minutes si vous êtes dans le désert en pleine nuit par exemple. Il sera donc nécessaire de paramétrer l’intervallomètre de façon à avoir plus de temps entre deux prises de vues que le temps nécessaire à l’appareil pour exposer correctement la photo. En résumé, si l’appareil vous indique qu’il a besoin de 30 secondes entre l’ouverture du volet et sa fermeture pour exposer correctement la photo, choisissez impérativement un délai de plus de 30 secondes entre deux photos.

 

Vous voilà armés pour expérimenter vos premiers time lapse !

Néanmoins si je peux vous donner un dernier conseil, n’hésitez pas à vous entrainer calmement sur des sujets relativement simples (nuages ou circulation automobile) sans dépasser les 30 minutes de prise de vue; privilégiez les séquences courtes, histoire de vous faire la main et vous comprendrez vite en quoi la durée des intervalles de prises de vue varie considérablement selon le sujet et l’effet recherché.

En bref amusez vous, soyez créatifs et surtout…. patients ! ^^

À propos de Romain Desailly
Toujours un appareil photo à la main, ce passionné de photographie et de vidéo aime à arpenter le monde pour chercher des réponses aux questions qu’il ne se posait pas avant de bourlinguer. Il est le co-créateur de ce guide voyage.
2 commentaires
  1. Je ne fais que très peu souvent des time lapse car ça demande tout de même pas mal de temps.
    Il faudrait que je m’y mette, au moins pour les classiques sunrise ou sunset 😉

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